Retour sur les avancées législatives contre l'homophobie
Ces dernières années, on a pu noter plusieurs avancées législatives :
- Dès 1999, les associations homosexuelles ont la possibilité de se constituer partie civile auprès des victimes de violences homophobes (dans le cadre de la loi sur la présomption d'innocence).
- En 2000, une proposition de loi contre les discriminations est adoptée. Elle prévoit notamment l'alignement de la lutte contre l'homophobie sur celle contre le racisme dans le code du travail, le code du logement et, en matière d'emploi et de formation, dans le code pénal.
- En juillet 2003, L'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans rencontre le Premier ministre et obtient l'annonce de la mise en oeuvre d'un projet de loi sur les propos discriminatoires (injures, diffamations, provocations). Ce projet de loi est adopté en Conseil des ministres 3 jours avant la Marche des fiertés lesbiennes, gaie, bi et trans. Il est finalement intégré dans un autre projet de loi, celui créant la Haute autorité contre les discriminations et pour l'égalité, après une opposition forte issue des rangs mêmes de la majorité. Le texte est promulgué le 30 décembre 2004.
Doit-on penser que la bataille est définitivement gagnée ? Ce serait aller un peu vite en besogne selon Louis-Georges Tin, auteur du Dictionnaire de l'homophobie, et initiateur de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie "On pourrait avoir l'idée fallacieuse qu'aujourd'hui, avec l'évolution des esprits tout va pour le mieux. Sans nier plusieurs avancées (le Pacs en France, la reconnaissance du mariage et de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels en Espagne...), on constate cependant plus de reculs que d'améliorations". Autant dire que les associations restent vigilantes et qu'au-delà des progrès législatifs, la bataille pour changer les mentalités reste toujours d'actualité.
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